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Lundi 18 décembre 2006

Le football, tout le monde le sait, est entrée depuis déjà quelques années dans l’univers du business. Le transfert de Zidane au Real Madrid pour 75 M€, le salaire de Thierry Henry (164 000 € par semaine, hors sponsors), le prix du nouveau stade d’arsenal (525 M€), le montant des droits TV Français (1,8 milliards sur trois ans) sont autant d’exemple qui le prouve.

En comparaison, le rugby, dont les droits de retransmission atteignent péniblement 19,7 M€, fait figure de sport secondaire. Toutefois, ce sport voit sa popularité grandir de semaine en semaine. L’image est extrêmement positive (ambiance, respect), et nombreux sont ceux qui se prennent au jeu (supporters, téléspectateurs…). Et qui dit engouement populaire dit forcément intérêts pour les investisseurs à la recherche de visibilité.

Le Stade Français est le club qui incarne ce rugby nouvelle génération, et même s’il est décrié par les puristes, le club est en train de se construire sur le modèle du sport business en place dans le football. Bruno Molinas, le PDG ne s’en cache pas : « D'abord, il s'agit de fidéliser les abonnés et d'accueillir un nouveau public qui n'est pas forcément féru de rugby (femmes, jeunes). Puis conquérir d'une manière sélective des entreprises-partenaires du club dans un bassin (l'Ile-de-France) extrêmement riche. » En effet, le calendrier des Dieux du Stade, les 45 sponsors adhérents au « business club », le recrutement de spectateurs avec les matches au Parc de Princes ou au Stade de France, les maillots roses, sont autant d’opérations, inhabituelles chez les clubs de rugby, visant à séduire le public, et indirectement les sponsors.

Et les résultats sont là puisque le Stade Français présente d’excellents résultats en matière d’affluences et d’audience TV depuis le début de la saison, et le sponsoring représente déjà 30% de son budget. Seulement, même si ce genre de stratégie permettra sans doute aux clubs et au rugby de se développer, on peut se demander si cela ne va pas, comme dans le football, rapidement prendre des proportions exagérées et finir par dénaturer ce sport.

Il est également vrai qu’à l’heure actuelle, seul le Stade Français devance largement ses confrères au niveau du business, mais les futurs résultats de l’attribution de droits TV afficheront certainement les nouvelles lignes de ce que sera le rugby dans les années à venir. Et nul doute que l’on sera proche du modèle du football, là ou l’argent est roi.

Affaire à suivre…

JJD

 

Par JJD - Publié dans : Sports
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