Droits TV 2005/06 : L’analyse de ce que les clubs ont touchés

Publié le par JJD

Le rapport annuel de la Ligue de Football Professionnel sur la « situation du football professionnel français » publie le tableau de synthèse des répartitions des droits TV pour la Ligue 1 pour la saison 2005/06. Je vous propose ici d’analyser les différences de traitement selon les clubs et les critères de répartition.

Pour comprendre dans le détail, il convient de rappeler que le groupe Canal + a déboursé la somme record de 660 millions d’euros par saison pour acquérir l’exclusivité des droits de diffusions des matches sur le territoire français des saisons 2005/06 2006/07 et 2007/08 (cf articles « Canal +, le retour sur investissement est-il possible? » ; « Fusion Canal + TPS : un danger pour le football français »). Cette hausse de 60% a ravit l’ensemble des clubs de l’élite, pour qui les droits TV représente un part considérable de leur revenu (49% pour l’Olympique Lyonnais en 2005*).

Une fois le contexte (re)présenté, nous allons désormais attaquer la parties analyse. Et comme les clubs de football sont souvent comparés sur la base de classements, nous allons donc réaliser des analyses basées sur le croissement de classements spécifiques.

*Source Deloitte & Touch

1er constat :

« Promus et jeunes promus »

Sans surprise, les clubs promus disposent des budgets les plus faibles de L1. Seul Nancy (malgré une qualification en coupe UEFA) Le Mans et Troyes, tous trois promus la saison dernière, ont des budgets proches ou équivalents de ceux de Valenciennes, Sedan et Lorient.

Aucune surprise non plus dans le fait d’apprendre que l’Olympique Lyonnais est l’équipe percevant le plus de droits TV et disposant du plus gros budget de L1.

 

2nd constat :

« Des dépendances variables mais systématiques »

La dépendance vis à vis des droits TV est très différentes selon les clubs. En effet, les gains relatifs aux droits TV (2005/06) représente 38,6% du budget (2006/07) à Lyon, alors qu’ils représentent plus de 88% pour Lille. Le sponsoring, le merchandising et la billetterie sont les autres principales ressources des clubs, mais ne sont pas suffisantes à ce jour pour diminuer la dépendance vis à vis des droits TV. Les projets, mis en place par Lyon ou Lille de devenir propriétaires de leurs enceintes et d’en faire de véritable lieux de vie, leurs permettront d’accroître leurs revenu « hors football » et donc d’équilibrer la répartition de leurs budget.

3ème constat :

« Canal + / Paris, l’entraide indirecte ? »

Même si les soupçons n’ont plus lieu d’être (Canal + s’étant désengagé du PSG), le fait de voir que le PSG est le club le plus diffusé sur Canal +, devant Lyon et Marseille, alors que le club a terminé dans une zone sans enjeu (9ème place) laisse perplexe. En effet, le nombre de diffusion est un des critères de répartition, le club de la capitale, qui appartenait à Canal +, avait donc un intérêt certain à se voir choisir par le diffuseur exclusif de la L1…

4ème constat :

« Bien classé ne signifie pas médiatique »

Lors de ses choix de retransmission, le groupe Canal + cherche à maximiser son audience. Et paradoxalement, l’audience ne se fait pas uniquement avec les mieux classés, mais surtout avec les clubs dit médiatiques. Lille et Bordeaux, respectivement second et troisième du championnat, en ont fait les frais puisqu’ils ont été moins présents sur les chaînes de Canal + que Paris (9ème), Marseille (5ème), Lens (4ème) et Monaco(10ème).

5ème constat :

« Canal+ et Canal+Sport, chacun son profil de clubs »

Paris, Lyon et Marseille, les « préférés » de la L1, dépassent tous la barre des vingt diffusions sur Canal +. Ils sont suivi de très loin par St-Etienne et Bordeaux qui atteignent péniblement les dix diffusions alors que Le Mans et Troyes doivent certainement leur seule diffusion sur la chaîne premium à l’obligation de Canal + de diffuser un match à domicile de chaque équipe.

Toutefois, ces ténors de la chaîne premium sont également les oubliés de la chaîne « Sport » du groupe Canal. Cette fois-ci, c’est Lens et Monaco qui prennent les premières places sur cette chaîne avec huit retransmissions, devant Rennes(5), Nantes (4) et Auxerre (4).

6ème constat :

« 660 = 460 ! »

Comme nous l’avons vu précédemment, Canal s’est engagé à investir 660 M€ par saison. Pourtant, s’il on additionne les montants perçus par les clubs de L1, on retrouve 460 M€ ! Ceci n’est certainement pas du à un oubli de la part de Canal + mais plutôt au fait que la Ligue s’est réservé une partie du gâteau pour ses frais de fonctionnement. L’UEFA procède de la même manière en ce qui concerne la C1 puisqu’elle encaisse 610 M€ et en redistribue 433 M€ aux clubs participants. 

Publié dans Sport - football

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Marie-Anne relisait l'article... 03/01/2015 11:44

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